Gwennaëlle Roulleau

roulleau

Parcours

Musicienne électroacoustique, je compose, improvise, avec d’autres musiciens ou performeurs, et mets en place des installations.

C’est avec la sensibilité du promeneur écoutant que très vite elle enregistre pour partager ces traces précieuses du vivant. En découlent des créations sonores. Des formes documentaires et poétiques à la composition électroacoustique.
La musique. A l’affut du corps sonore, elle sculpte la matière, la physicalité du son, avec au cœur du dispositif le geste, le corps, dansant ou émotionnel. Composition fixée ou en temps réel ou installations, ses projets se traduisent en dramaturgies sonores.
En improvisation comme en composition, ses dispositifs utilisent corps sonores, microphones, capteurs et effets relayés par des interfaces de contrôle, le tout diffusé sur hauts parleurs, du point mono à l’acousmonium en passant par les dimensions variables que demande chaque installation.
Elle joue avec d’autres musiciens improvisateurs. Basile Chassaing, Tristan Macé, Anaïs Moreau, Frédéric Marty, Gaël Mevel, Thierry Waziniak, Jacques Didonato, Jean-Luc Capozzo, Nicolas Nageotte, Daniel Lifermann, Ramuntcho Matta, Jean-Marc Montera.
Sa démarche d’écoute du monde et d’exploration du réel l’amène naturellement à des projets in situ. Elle collabore ainsi avec diverses compagnies de danse et de théâtre. Diana Trujillo, Edwine Fournier – Tangible, Sébastien Molliex – Les OsPosés,  Olivia Grandville – La spirale de Caroline, Dominique Dolmieu – Théâtre de Syldavie, Nicolas Goussef – Théâtre qui.
Elle met en place des installations qui travaillent les interactions du son, de l’espace, du temps, du mouvement et de la forme. Taxi Brousse à Fées d’hiver – 05, La fourmi sur l’élastique, avec Florent Colautti à Abilene Gallery – Bruxelles, L’espwar est un temps boisé avec Friche Théâtre Urbain – Montreuil, Sillons avec Laure Bollinger à Lizières – 03, L’Emoi sonneur – en théâtres et médiathèques – Vitry, Ivry, Kremlin Bicêtre, Evry, Clamart, Expo Box avec Damien Chivial dans un contener en espaces publics – Paris, Bruxelles, Berlin.
Compose pour de la vidéo et du cinéma d’animation. Abbaye de Boscodon, video mapping d’Erik Lorré, U-Farm de Damien Chivialle, Fais voir le son / 2DHD, La roulotte / Tangible.

Dans la croisée de ces langages, elle cherche un écart qui permette à des possibles de se déployer, convaincue que c’est de ces frottements que peut émerger la poésie.

Ses projets musicaux ont été présentés par Futura – Crest, Motus – Paris, le Vent se Lève– Paris, le Festival Villes et Musiques du monde – Paris, Petit Bain – Paris, Gare au Théâtre – Vitry-sur-Seine, théâtre d’Etampes, Trac – Beaume de Venise, Théâtre Ouvert – Paris, La Nef – Pantin, Fées d’hiver – 05, Lizières – 03.
Ils ont été relayés par la radio Klangkunst/Deutschlandradio Kultur, Radio Grenouille, Radio Campus, Jet FM, Radio Brume…
Ils ont été soutenus par Césaré, Fées d’hiverLizièresPetit Bain, le Conservatoire de Rayonnement Départemental de Pantin, Artefact, Promusica.

Elle est membre des collectifs TangibleFées d’hiver, l’Emoi Sonneur, KM Pantin.

Considérant l’écoute comme un rapport singulier au monde et constitutif de la personnalité, elle anime auprès d’enfants et d’adolescents des ateliers de création sonore et musicale, en partenariat avec Arte Radio, l’IrcamZebrock, Les Cris de Paris et Citoyenneté Jeunesse.

Démarche

Ecoute, prise de son, intention 

Je fais de l’écoute l’acte fondateur de mon travail, les microphones en point de départ du processus.
Que j’enregistre des objets, des instruments, des matières ou un environnement, je vais en chercher le potentiel poétique, ce qui pourra porter mon imagination. Dans la prise de son, je suis à l’affût de tout ce qui arriver, et surtout de la tâche, l’imprévu qui semble faire erreur. L’acte oriente l’écoute, l’oreille filtre, hiérarchise, nous sommes déjà dans la composition.
C’est le caractère organique, vivant, du son qui m’attire, son grain, son rythme, son bruit.
Dans l’objet qui n’a pas pour vocation première d’être sonore ou musical, je cherche en le manipulant son potentiel musical (texture, morphologie, dynamique, champ fréquentiel, structure temporelle).
Le son anecdotique (associé à sa fonction première) lorsqu’il est manipulé dans une intention musicale acquiert une dimension abstraite, musicale, poétique.
Le temps de perception sensible qu’est la prise de son est un temps de création.
Je pars donc de sources diverses : des objets que je manipule, les instruments de mes partenaires, l’enregistrement d’environnements naturels ou urbains, et de la voix.

Source, poésie, dispositif

Si j’aime l’origine acoustique du son pour son caractère vivant, je revendique la nature électronique de mon instrument. Je joue dans les principes électroacoustiques, avec le son des microphones eux-mêmes, des distorsions acoustiques et numériques et autres larsen, transforme le son jusqu’à le rendre abstrait, en changeant d’échelle, jouant du microscopique grain à la spatialisation pour recréer un espace, et dans le jeu une temporalité, ses battements, faire voyager le son dans l’espace… 

Composition v.s. jeu au présent

L’improvisation ou la composition en temps réel m’importe pour le présent du jeu et la relation alors permise.
Lorsque je joue en live, le rapport entre la perception et mon intention détermine les phrasés que je vais élaborer. Un langage, avec son vocabulaire et sa grammaire, qui me mettra en relation avec les autres musiciens ou performeurs.
L’enjeu pour que la rencontre soit effective étant d’élaborer un langage commun, une danse, un mouvement partagé.
La question du geste devenue centrale, je cherche à la développer à travers les dispositifs, de manière à trouver une dextérité comparable à celle de l’instrumentiste acoustique.
Si je détermine un certain nombre de choses en amont, dans telle ou telle visée, la démarche d’improvisation s’enrichit avec la surprise. Chercher à retrouver ce phénomène, l’irruption dans l’espace, l’interruption dans le temps, le surgissement, l’événement qui va me faire basculer, momentanément au moins, dans un in-connu, dans une ignorance, qui mettra tout mon corps en éveil. S’offrir la disponibilité de jouer avec l’accident. Ou créer les moyens pour cela, avec un principe d’aléatoire ou en jouant avec les limites d’un dispositif.
Dans tous les cas, jouer en improvisant nous place dans une situation de survie (comment vais je m’en sortir vivant ?). Cela ne peut s’envisager sans prendre le risque de rater. On n’a pas le choix, il faut faire vivre le son.

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